Sport

Quand abandonner n’est pas une option : portrait d’Antoine Jesel – athlète paralympique

2019-08-29

Quand abandonner n’est pas une option : portrait d’Antoine Jesel – athlète paralympique

Nous l’avions annoncé, à moins d’un an des jeux olympiques de Tokyo, nous allons essayer de parler un peu plus de sport et suivre de près le quotidien des sportifs.  Nous allons donc vous faire découvrir Antoine Jesel, rameur en équipe de France d’aviron.  La particularité d’Antoine est qu’il a subi un grave accident de la route et a perdu une grande partie de la motricité de sa jambe gauche.  Il concourra donc en tant qu’athlète paralympique aux prochains JO.

Pour vous le faire découvrir, nous lui avons posé quelques questions.

QuokkaMag : Bonjour Antoine et merci de prendre un peu de temps pour répondre à nos questions !

Antoine Jesel : Bonjour à vous.  Il n’y a pas de quoi.  Je vous écoute.

QM : Tout d’abord, peux-tu nous parler un peu de toi, de ton parcours ?

AJ : J’ai commencé à ramé tout petit, en 1993, au club de Beaucaire.  Ensuite, j’ai changé de club et suis allé à Avignon car leur pôle compétition était plus développé.  Malheureusement, j’ai dû arrêter l’aviron pour faire mes études et travailler.  Ensuite, j’ai déménagé en région parisienne pour raison professionnelle et c’est à ce moment que j’ai eu mon accident.  J’ai repris l’aviron en tant qu’athlète paralympique bien après mon accident.

QM : Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton accident et ton handicap ?

AJ : Je me suis fait renversé par un Anglais alors que je circulais à moto.  Il ne s’est même pas arrêté pour s’excuser… Mon handicap est difficile à décrire mais c’est un polytraumatisme du membre inférieur gauche. Ma cheville est donc quasiment bloquée, mon genou est limité en flexion, une partie des quadriceps ont été arrachés et certains tendons ne sont plus fonctionnels.

QM : Quand on te voit sur l’eau, on a l’impression que tu es comme n’importe quel rameur valide, mais on suppose que ça n’a pas dû être facile d’en arriver jusque là.

AJ : En effet, j’ai passé six mois dans un lit d’hôpital, multiples opérations pour reconstruire le fémur, le tibia et la couverture cutanée, un an dans un centre de rééducation en fauteuil roulant, six mois en béquille.  Il m’aura fallu deux ans pour remarcher sans canne et quatre ans pour remonter en bateau en trouvant un solution pour adapter l’accastillage.  Aujourd’hui, il m’est encore difficile de marcher et impossible de courir, sauter ou m’agenouiller.  En revanche, je peux ramer !  L’aviron étant un sport porté non traumatisant, il convient parfaitement.

QM : Combien de fois par semaine t’entraînes-tu ?

AJ : Je m’entraines entre 7 et 10 fois par semaine (entre 15/20h) selon la période de l’année et surtout selon les douleurs (pathologie inflammatoire).

QM : Et au niveau de l’équipe de France paralympique, vous partez souvent en stage ?

AJ : Nous avons dix stages annuels organisés par la Fédération Française d’Aviron et je participe aussi à un stage club d’une semaine à Bellecin, dans le Jura.  L’hiver les stages durent une semaine, au printemps ils se rallongent à dix jours, l’été on passe à 15 jours, puis le stage terminal de 4 semaines en comptant la semaine des les championnats du monde.

QM : Ça te fait un planning très chargé ! Côté vie privée tu t’en sors ?

AJ : Je vis depuis presque dix ans avec ma compagne et nous avons deux enfants.  Une fille de quatre ans et un fils qui vient d’avoir un an.  Partir en stage devient de plus en difficile.  Mais nous arrivons à trouver du temps pour profiter les uns des autres, ce qui est vital pour moi !

QM : Être sportif de haut niveau te permet-il de vivre ou as-tu un travail à côté ?

AJ : (rires) Non, forcément j’ai un travail à côté.  Je suis monteur vidéo dans le service communication du Conseil Départemental du Val de Marne.  J’ai eu la chance de pouvoir bénéficier d’une CIP (convention tri-partite entre l’athlète, la FFAviron et mon employeur), qui me permet d’avoir des horaires aménagés pour l’entraînement quotidien et d’être détaché pour partir en stage sans avoir à prendre de congés.  Au final, mon planning est très compact, mais l’équilibre entre ma vie privée et le reste est primordial pour être performant dans tous les domaines !

QM : Merci encore d’avoir pu nous accorder un peu de temps dans ton emploi du temps de ministre.  Tu pars aux championnats du Monde avec le quatre barré mixte.  Quels sont vos objectifs ?

AJ : Notre objectif premier est de qualifier le bateau pour les Jeux Olympiques de Tokyo.  Après, nous voulons entrer en finale, mais le niveau est dense, surtout sur une régate de qualification !

QM : On vous souhaite de réussir !  Bons championnats du Monde et à bientôt !

AJ : Merci beaucoup, on va tout faire pour.  À bientôt.

4 barré mixte paralympique à Rio 2016
Photos 1 et 5 : FFAviron
Photos 2 et 3 : Antoine Jesel
Photo 4 : Unsplash
 

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